Colloque « Travail et esclavage. Représentations de l’antiquité », 25 et 26 janvier 2017, Université de Strasbourg

Salle de Conférences

MISHA

Université de Strasbourg

5, allée du Général Rouvillois – Strasbourg

Organisation :

Franck Fischbach  (f.fischbach@unistra.fr) & Anne Merker (amerker@unistra.fr)

Voir la présentation complète en ligne.

Argumentaire

On se représente souvent de loin l’Antiquité classique à la lumière de la partition qu’opéra Aristote entre la vie soumise aux nécessités du travail et la vie de loisir, entre la servitude de la masse et la liberté du petit nombre, qui trouvait dans l’esclavage la condition de possibilité de son activité politique ou de son application à la philosophie. Comme si le progrès de la liberté pour quelques uns avait comme condition nécessaire l’asservissement de nombreux autres, ou comme si la condition d’esclave empêchait tout accès à la philosophie en même temps qu’à la citoyenneté. Ce faisant, l’image de l’Antiquité se voit confusément grevée d’une distorsion : toute forme de travail dans l’Antiquité serait servile, au sens social du terme et, partant, au sens moral. En outre, une partie de l’historiographie moderne a tenté d’aborder l’esclavage antique en termes de classe sociale, comme si le rapport entre esclaves et hommes libres était l’analogue historiquement modulé du rapport entre travailleurs ne possédant que leur force de travail d’un côté et propriétaires des moyens de production de l’autre. Les historiens de l’Antiquité ont toutefois montré à plusieurs reprises que les esclaves ne pouvaient être considérés comme une classe (particulièrement les esclaves dits “marchandises”), et que le travail ne se réduisait nullement au travail servile. Inversement, l’esclavage ne se restreignait pas à la seule fonction du travail productif, ainsi qu’en témoignent par exemple le rôle important que jouaient les esclaves publics dans l’administration d’Athènes comme dans les fonctions de police, ou encore le rôle des esclaves privés dans le système bancaire (où ils devenaient parfois, après affranchissement, directeurs de l’établissement, comme le célèbre Pasion puis son propre esclave affranchi Phormion), sans oublier l’asservissement sexuel des esclaves femmes en particulier et la domesticité en général, ou l’agrément des banquets.

Représentations antiques et modernes de l’esclavage et du travail dans l’Antiquité, mise en parallèle avec l’esclavage moderne et la traite négrière, théorisations philosophiques, enjeux juridiques, politiques, sociaux et moraux, toutes ces dimensions de l’esclavage et du travail dans l’Antiquité seront abordées dans ce colloque.

PROGRAMME

MERCREDI 25 JANVIER 2017

APRÈSMIDI

Présidence : Edmond Lévy

13h45 – Accueil des participants

14h – Présentation par Anne MERKER et Franck FISCHBACH

14h30 –  Paulin ISMARD

Définir juridiquement le travail en contexte esclavagiste : le cas de l’Athènes classique.

15h30  Pause

16h – Julie GIOVACCHINI

Courtisanes et esclaves au Jardin d’Épicure : peut-on philosopher sans loisir ?

17h – Christelle VEILLARD

L’esclavage est-il un problème ? La réponse ambiguë des stoïciens.

18h – Fin de l’après-midi

JEUDI 26 JANVIER 2017

MATIN

Présidence : Christelle Veillard

8h3 – Accueil des participants

8h45 – Edmond LÉVY

Athènes vaincue : l’impensable, l’impossible défaite du plus fort selon Thucydide.

9h45 – Anne MERKER

De l’outil productif à l’outil pratique : l’esclave selon Aristote.

10h45 Pause

11h Johann GOEKEN

Les esclaves au banquet.

12h – Fin de la matinée

APRÈSMIDI

Présidence : Paulin Ismard

14h – Bertrand BINOCHE

Les Lumières et l’esclavage : de quoi parle-t-on ?

15h Pause

15h30 – Franck FISCHBACH

Esclavage ancien, salariat et esclavage moderne selon Marx.

16h30 – Elsa DORLIN

Est-ce la traite qui recommence ? Domesticité noire et féminité blanche dans la France des années 1960.

17h30 – Clôture du colloque

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