Journée d’études « Néolibéralisme et subjectivité », Sophiapol/PhiCenTrav, Paris Ouest, 2 juin 2016

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Dans son analyse de la rationalité politique néolibérale, Michel Foucault notait l’émergence d’un certain type de subjectivité, celui d’un individu conçu comme « entrepreneur de lui-même ». Distincte de « l’homme de l’échange » caractéristique du libéralisme classique, cette conception de l’être humain, au fondement des propositions axiomatiques des penseurs néolibéraux, suggérait la présence en chaque individu de deux principaux traits comportementaux: une attitude concurrentielle, d’abord, liée à des rapports sociaux envisagés sous l’angle de la compétition généralisée; une posture accumulatrice, ensuite, faisant de toute action un moyen de maximiser le rendement de son « capital humain ».

Par-delà le rôle de cette conception économiciste de la subjectivité humaine dans le discours théorique néolibéral, on peut inférer de l’analyse foucaldienne qu’il en allait également d’une certaine « technologie politique des individus », le néolibéralisme induisant, comme régime, la prouction effective d’une certaine culture économique et sociale exhibant une semblable normativité. Depuis Max Weber, au moins, on sait que le capitalisme repose sur une certaine orientation éthique des « conduites de vie ». Quelles formes celles-ci prennent-elles au stade de l’économie politique néolibérale? La description foucaldienne de l’individu « entrepreneur de soi » permet-elle une compréhension sociologique adéquate des modes de subjectivation contemporains? Comment cet idéal-type se décline-t-il dans la variété des sphères de vie? Que permet-il de comprendre de la cul-ture contemporaine et de son apparent éclatement? Comment s’articule-t-il au fonctionnement effectif de l’économie et du politique? Qu’indique-t-il des formes nouvelles de socialisation, voire du rapport à soi en tant qu’être vivant?

Au croisement des représentations savantes et des pratiques sociales, là où s’effectue le branchement circulaire entre « dispositifs » de savoir et de pouvoir et « dispositions » subjectives, cette journée d’étude visera à examiner comment les axiomes de la gouvernementalité néolibérale pénètrent le tissu culturel des sociétés contemporaines pour y former la matrice d’un type anthropologique inédit.

Cette journée est organisée par le laboratoire Sophiapol, dans le cadre des activités de l’ANR PhiCenTrav.

Date :
Jeudi 2 juin 2016 de 9h30 à 17h00

Lieu :
Université Paris Ouest Nanterre La Défense,
Bâtiment W (salle au rez-de-chaussée)
Comment venir ? par le train et le RER
Plan du campus de Paris Ouest Nanterre La Défense

Organisation :
Jean-François Bissonnette (Université Paris Ouest, Sophiapol) ; Alexis Cukier (Université Paris Ouest, Sophiapol) ; Stéphane Haber (Université Paris Ouest, Sophiapol) ; Christian Laval (Université Paris Ouest, Sophiapol)
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Programme

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9h30-11h00 : « Subjectivité, imaginaires et pratiques économiques »

Table-ronde présidée par Christian Laval
Intervenants : Luca Paltrinieri (Université de Paris 8, LabTop) ; Stéphane Haber ; Isabelle Bruno (Université de Lille 2, CERAPS)

11h00-12h30: « Subjectivité, travail et entreprise »

Table-ronde présidée par Jean-François Bissonnette
Intervenants : Marie-Anne Dujarier (Université Paris 3, LISE) ; Massimiliano Nicoli (Université Paris Ouest, Sophiapol) ; Alexis Cukier

14h00-15.30: « Le domaine psy »

Table-ronde présidée par Alexis Cukier
Intervenants : Mathieu Bellahsen ; Duarte Rolo (Université Paris 5, PCPP) ; Bertrand Ogilvie (Université de Paris 8, LLCP) ; Pierre Dardot

15h30-17h00 : « L’éducation et la production du sujet néolibéral »

Table-ronde présidée par Stéphane Haber
Intervenants : Jean-François Bissonnette ; Pierre Clément ; Christian Laval

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