Colloque « Travail, psychanalyse et théorie critique », 20-21 avril 2017, Panthéon-Sorbonne et Paris Ouest


Colloque « Travail, psychanalyse et théorie critique »

20 & 21 avril 2017

Amphithéâtre Sainte-Barbe et Paris Ouest Nanterre

 

Depuis Adorno, Horkheimer et Marcuse jusqu’à Honneth en passant dans une certaine mesure par Habermas, la Théorie critique de l’École de Francfort s’est définie par une réflexion sur l’articulation possible entre marxisme et psychanalyse, autrement dit entre une théorie de la société qui accorde une place centrale à l’activité de travail et une théorie de l’économie psychique. La manière dont l’École de Francfort a discuté de la question du travail a produit des effets dans le domaine de la psychanalyse comme dans les théories contemporaines du travail, et est aujourd’hui au cœur des élaborations de la psychodynamique du travail. Ce colloque se donne un double objectif : d’une part, retracer l’apport de la théorie critique francfortoise depuis ses débuts sur la question du travail et évaluer l’usage qu’elle a pu faire de la psychanalyse, afin de faire le bilan de la théorie critique aujourd’hui ; d’autre part, examiner les modalités d’une coopération interdisciplinaire entre philosophes, sociologues et psychanalystes sur la question du travail dans une perspective critique.

Le colloque cherche à questionner précisément la manière dont

– la Théorie critique a fait usage de la psychanalyse pour élaborer une conception critique du travail et inversement s’est saisie des problèmes de l’aliénation et de l’émancipation du travail pour élaborer une lecture critique de la psychanalyse

– la psychanalyse (et ses différentes écoles, freudienne et néo-freudienne mais aussi lacanienne et plus récemment les théories de la relation d’objet) a traité les apports de la théorie du travail et de la Théorie critique

– les théories du travail, et notamment la psychodynamique du travail, ont cherché à articuler de manière étroite psychanalyse et théories critique de l’aliénation et de l’émancipation pour renouveler leurs conceptions du travail.

Ce colloque a pour objectif de faire se rencontrer et dialoguer, le cas échéant engager un travail commun plus durable entre des chercheurs et praticiens dans les domaines de la philosophie et de la psychanalyse qui articulent dans leurs travaux, dans une perspective d’histoire des idées ou d’analyse du présent historique, les apports de la Théorie critique, de la psychanalyse et des théories du travail.

Organisation : Alexis Cukier (Université Paris Nanterre), Christophe Dejours (CNAM – Université Paris 5), Katia Genel (CHSPM, Université Paris 1) et Duarte Rolo (Université Paris 5)

 

Jeudi 20 avril 2017 : 9h-17h

Amphithéâtre Sainte-Barbe, 4 rue Valette, 75005 Paris

 

Matinée : « Travail et psychanalyse :

quelles articulations dans l’histoire de la théorie critique ? »

Président de séance : Emmanuel Renault (Université Paris Nanterre)

Olivier Voirol (Université de Francfort) :

Le travail de la culture. Retour sur Marcuse

Duarte Rolo (Université Paris 5) & Alexis Cukier (Université Paris Nanterre) :

Travail et subjectivité : Adorno et Honneth au prisme de la psychodynamique du travail

discussion : Christophe Dejours (CNAM)

 

Après-midi : « Théorie du sujet, travail et émancipation »

Président de séance : Franck Fischbach (Université de Strasbourg)

 

Jean-Philippe Deranty (Université Macquarie, Sydney) :

Travail du négatif et travail productif : quelle place pour le travail dans les théories critiques contemporaines ?

Claire Pagès (Université de Tours) :

Contribuer à une pensée critique du travail à partir des théories psychanalytiques du cadre et de l’ambiguïté (J. Bleger, S. Amati-Sas)

Marlène Jouan (Université de Grenoble) :

Ce qui compte comme travail : la distinction entre travail reproductif et travail productif au prisme de la circulation transnationale de la gestation pour autrui

 

discussion : Robin Celikates (Université d’Amsterdam)

 

Vendredi 21 avril 2017 : 14h-17h30

Université Paris Ouest Nanterre La Défense,
Amphithéâtre du bâtiment Max Weber

 

Après-midi : « Psychanalyse et théorie critique :
quelle réception et quels dialogues possibles aujourd’hui ? »

Présidente de séance : Isabelle Gernet (Université Paris 5)

Hélène Tessier (Université St-Paul, Ottawa),

Entre intersubjectivité et sexualité infantile : anthropologies psychanalytiques et pensée de l’émancipation

Monique David-Ménard (Université Paris Diderot) :

Comment Lacan lisait Marx

Stéphane Haber (Université Paris Ouest),

Différents usages possibles de la théorie dite de la “relation d’objet”

 

discussion Katia Genel (Université Paris 1)

 

 

 

                       

         

Colloque « Travail, Nature et Technique dans la philosophie ancienne », ENS Ulm, 24 Mars 2017

 

ANR PhiCenTrav / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne /

UMR 7219 GRAMATA-SPHERE / UMR 5317 IHRIM

 

Travail, Nature et Technique

dans la philosophie ancienne

24 Mars 2017

Salle Pasteur – Pavillon Pasteur

Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, Paris

10h00 – 10h50 : Pierre-Marie Morel,

Démocrite et les techniques :

produire en régime atomiste.

11h10 – 12h00 : Dimitri El Murr,

Travail et trifonctionnalité

dans la cité platonicienne.

14h10 – 15h00 : Thomas Bénatouïl,

L’Activité philosophique entre

travail et loisir dans le Théétète

15h00 – 15h50 : Juliette Lemaire,

« L’Homme est un Zôon oikonomikon« .

Le Statut de l’économie chez Aristote

16h05 – 16h55 : Maxime Chapuis,

Nature et Travail dans le Cynisme

Organisation : Ulysse Chaintreuil / Pierre-Marie Morel

Colloque « Travail des femmes, travail des mères : les enjeux de la gestation pour autrui (TEGPA) », Université de Grenoble, 8-10 mars 2017

 

Les controverses entourant la pratique mondialisée de la gestation pour autrui (GPA) ont connu une nouvelle vigueur en 2014 et 2015, suite à une condamnation de la France par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Faisant fond sur l’ignorance relative de la réalité aujourd’hui plurielle de la gestation pour autrui et de l’abondante littérature anglophone produite sur le sujet depuis les années 1980, les confusions qui gangrènent le débat public n’ont pas pour autant été dissipées. Le présent colloque, international et pluridisciplinaire, entend émanciper la réflexion du seul débat contradictoire en analysant les relations sociales, économiques et politiques d’interdépendance entre les différentes parties impliquées dans la circulation transnationale de la gestation pour autrui. Il est orienté par l’hypothèse suivante : la division mondialisée du travail reproductif en général et de la GPA en particulier nous oblige, pour être adéquatement décrite et évaluée, à reconfigurer les catégories conceptuelles et normatives – celles d’autonomie et de vulnérabilité, de travail et de responsabilité, de maternité et de filiation – qui, lorsqu’elles sont considérées de façon non critique, bloquent toute évolution juridique.

 

Le colloque est ouvert au grand public sur inscription préalable du 10 février au 3 mars 2017. Il sera introduit par une conférence-débat, proposée par Marlène Jouan, qui se tiendra à la Bibliothèque centre-ville de Grenoble le 15 février à 18h30.

Organisateur : Marlène Jouan (Université Grenoble Alpes, PPL, département de philosophie)
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Contact : marlene.jouan@univ-grenoble-alpes.fr
valerie.perret@univ-grenoble-alpes.fr
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Lieu : Domaine Universitaire de St Martin d’Hères
8 mars : Amphi G, CLV, 77 rue des Universités
9-10 mars : MSH Alpes, 1221 Avenue Centrale
TRam B et C, arrêt « Bibliothèques universitaires »
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Inscription : du 10 février au 3 mars sur

http://ppl.upmf-grenoble.fr

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L’argumentaire scientifique et le programme du colloque, ainsi que les résumés des communications, sont disponibles au téléchargement ci-dessous.

Argumentaire scientifique / Scientific description

Programme du colloque / Conference Programme

Résumés des communications / English abstracts of communications

Argumentaire scientifique :

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Les travaux de recherche portant sur la gestation pour autrui, que ce soit en France ou dans le monde anglo-saxon, relèvent aujourd’hui de plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales : philosophie, sociologie, anthropologie, psychologie, droit, bioéthique, études de genre et études postcoloniales. Cette interdisciplinarité n’empêche pas de dégager des axes d’analyse majeurs qui permettent d’émanciper la réflexion du seul débat contradictoire. Typique de la première génération de la recherche consacrée à la GPA, celui-ci s’interrogeait principalement sur la légitimité morale de la commercialisation marchande du travail reproductif des femmes au sein des pays occidentaux. Tout en ayant produit des désaccords féconds entre féministes, ce débat « pour ou contre » a souvent mobilisé des catégories conceptuelles et normatives considérées comme évidentes et tenant peu compte des relations sociales, économiques et politiques d’interdépendance entre les protagonistes impliqué.e.s dans la circulation désormais transnationale du travail reproductif. Par contraste, la seconde génération de la recherche articule la réflexion normative à ses enjeux politiques et géopolitiques en termes de justice. L’hypothèse qui oriente ses travaux est que la division mondialisée du travail reproductif en général et de la GPA en particulier nous oblige, pour être adéquatement écrite et évaluée, à reconfigurer ces catégories. C’est notamment le cas de celles d’autonomie et de vulnérabilité, de travail et de responsabilité, de maternité et de filiation. Le présent colloque entend ainsi rassembler des chercheurs/euses spécialistes de la GPA depuis différents champs disciplinaires comme depuis différents contextes culturels, socio-économiques et juridiques, afin de questionner, d’élaborer et de prendre la mesure d’une telle reconfiguration. Il s’agira de la seconde manifestation scientifique de ce type organisée en France – après celle qui a eu lieu à Paris les 17 et 18 novembre 2016, intitulée « La gestation pour autrui : resituer la France dans le monde. Représentations, encadrements et pratiques ». Axe 1 : Enjeux éthiques de la gestation pour autrui Ces enjeux, relatifs au consentement des gestatrices, se formulent dans le prolongement de la critique féministe du principe libéral d’autonomie en éthique biomédicale, accusé d’être trop « mince » pour prendre en compte les contraintes qui pèsent sur les choix reproductifs auxquels les femmes sont confrontées. Mais cette critique est à double tranchant, car elle peut paradoxalement conduire à minorer l’agentivité des femmes et à légitimer une position paternaliste à leur égard. La reconnaissance de leur oppression et de leur vulnérabilité valide ainsi le traditionnel dispositif patriarcal de contrôle de leur corps et leurs capacités reproductives. Illustrant ce paradoxe de façon particulièrement aiguë, la GPA rend nécessaire d’articuler à nouveaux frais des notions d’autonomie reproductive et d’autonomie sociale, mais aussi de repenser la valeur critique des arguments de l’oppression et de la vulnérabilité. Dans la psychologie morale contemporaine, cette double exigence se noue dans l’analyse du problème des « préférences adaptatives » (initialement formulé par Jon Elster et renouvelé par Amartya Sen). Sans exclure d’autres approches, le colloque privilégiera ce problème central dans le débat féministe sur l’acceptabilité morale de la GPA. Axe 2 : Enjeux sociaux et politiques de la gestation pour autrui Alors qu’il est habituel d’appréhender la GPA en termes de commercialisation d’une partie de son corps, l’analyse au prisme de la catégorie du travail permet d’éviter la moralisation attenante pour inscrire cette pratique dans la continuité du travail de care qui, transversal aux espaces domestiques et marchands, participe à la reproduction des inégalités de genre, de classe et de race. Les féministes matérialistes avaient déjà dégagé, dans les années 1970, les limites de la division marxiste entre travail productif et travail reproductif. Conceptualisée comme travail de production biologique et affective de la vie humaine, la GPA problématise la catégorie même de travail reproductif et engage une modalité inédite de valorisation capitaliste du travail. Pourtant incommensurable avec une telle valorisation, la reconnaissance du travail des gestatrices semble exiger la mobilisation d’un concept relationnel et asymétrique de responsabilité (développé par Robert Goodin et Iris M. Young). Les notions traditionnelles de responsabilité causale, morale et légale ne peuvent en effet prendre en charge les situations inédites d’injustice générées par la circulation transnationale du travail de care, que le colloque s’attachera à cartographier et caractériser. Axe 3 : Enjeux anthropologiques de la gestation pour autrui Sous sa forme moderne, la GPA implique potentiellement trois mères physiquement et juridiquement distinctes : génétique, gestationnelle et sociale. Cette démultiplication de la maternité remet à elle seule en cause trois paradigmes anthropologiques naturalistes : celui de la reproduction humaine, celui de la parenté et celui de la différence des sexes. De conserve avec d’autres techniques de reproduction assistée mais avec une charge symbolique plus forte solidaire d’une psychologie normative de la grossesse, la GPA nous oblige à historiciser ces paradigmes, à interroger les processus de leur validation juridique et à repenser l’opposition de la nature et de l’artifice. Déjà largement engagées par l’anthropologie de la reproduction de tradition anglo-saxonne (Helena Ragoné) et l’anthropologie féministe (Paola Tabet), ces réflexions sont aujourd’hui précipitées par la diffusion des biotechnologies. Le colloque examinera notamment la valeur heuristique de la GPA pour l’anticipation des bouleversements de nos représentations de la maternité entraînés par leurs développements futurs, et en particulier par la réalisation du projet scientifique d’ectogenèse ou d’utérus artificiels.

Programme

Colloque « Travail et esclavage. Représentations de l’antiquité », 25 et 26 janvier 2017, Université de Strasbourg

Salle de Conférences

MISHA

Université de Strasbourg

5, allée du Général Rouvillois – Strasbourg

Organisation :

Franck Fischbach  (f.fischbach@unistra.fr) & Anne Merker (amerker@unistra.fr)

Voir la présentation complète en ligne.

Argumentaire

On se représente souvent de loin l’Antiquité classique à la lumière de la partition qu’opéra Aristote entre la vie soumise aux nécessités du travail et la vie de loisir, entre la servitude de la masse et la liberté du petit nombre, qui trouvait dans l’esclavage la condition de possibilité de son activité politique ou de son application à la philosophie. Comme si le progrès de la liberté pour quelques uns avait comme condition nécessaire l’asservissement de nombreux autres, ou comme si la condition d’esclave empêchait tout accès à la philosophie en même temps qu’à la citoyenneté. Ce faisant, l’image de l’Antiquité se voit confusément grevée d’une distorsion : toute forme de travail dans l’Antiquité serait servile, au sens social du terme et, partant, au sens moral. En outre, une partie de l’historiographie moderne a tenté d’aborder l’esclavage antique en termes de classe sociale, comme si le rapport entre esclaves et hommes libres était l’analogue historiquement modulé du rapport entre travailleurs ne possédant que leur force de travail d’un côté et propriétaires des moyens de production de l’autre. Les historiens de l’Antiquité ont toutefois montré à plusieurs reprises que les esclaves ne pouvaient être considérés comme une classe (particulièrement les esclaves dits “marchandises”), et que le travail ne se réduisait nullement au travail servile. Inversement, l’esclavage ne se restreignait pas à la seule fonction du travail productif, ainsi qu’en témoignent par exemple le rôle important que jouaient les esclaves publics dans l’administration d’Athènes comme dans les fonctions de police, ou encore le rôle des esclaves privés dans le système bancaire (où ils devenaient parfois, après affranchissement, directeurs de l’établissement, comme le célèbre Pasion puis son propre esclave affranchi Phormion), sans oublier l’asservissement sexuel des esclaves femmes en particulier et la domesticité en général, ou l’agrément des banquets.

Représentations antiques et modernes de l’esclavage et du travail dans l’Antiquité, mise en parallèle avec l’esclavage moderne et la traite négrière, théorisations philosophiques, enjeux juridiques, politiques, sociaux et moraux, toutes ces dimensions de l’esclavage et du travail dans l’Antiquité seront abordées dans ce colloque.

PROGRAMME

MERCREDI 25 JANVIER 2017

APRÈSMIDI

Présidence : Edmond Lévy

13h45 – Accueil des participants

14h – Présentation par Anne MERKER et Franck FISCHBACH

14h30 –  Paulin ISMARD

Définir juridiquement le travail en contexte esclavagiste : le cas de l’Athènes classique.

15h30  Pause

16h – Julie GIOVACCHINI

Courtisanes et esclaves au Jardin d’Épicure : peut-on philosopher sans loisir ?

17h – Christelle VEILLARD

L’esclavage est-il un problème ? La réponse ambiguë des stoïciens.

18h – Fin de l’après-midi

JEUDI 26 JANVIER 2017

MATIN

Présidence : Christelle Veillard

8h3 – Accueil des participants

8h45 – Edmond LÉVY

Athènes vaincue : l’impensable, l’impossible défaite du plus fort selon Thucydide.

9h45 – Anne MERKER

De l’outil productif à l’outil pratique : l’esclave selon Aristote.

10h45 Pause

11h Johann GOEKEN

Les esclaves au banquet.

12h – Fin de la matinée

APRÈSMIDI

Présidence : Paulin Ismard

14h – Bertrand BINOCHE

Les Lumières et l’esclavage : de quoi parle-t-on ?

15h Pause

15h30 – Franck FISCHBACH

Esclavage ancien, salariat et esclavage moderne selon Marx.

16h30 – Elsa DORLIN

Est-ce la traite qui recommence ? Domesticité noire et féminité blanche dans la France des années 1960.

17h30 – Clôture du colloque

Colloque « Théories de l’exploitation », 19-20 janvier 2017, Université Paris Ouest,

Colloque « Théories de l’exploitation »

Jeudi 19 et vendredi 20 janvier 2017

Amphi Max Weber (Université Paris Nanterre)

Organisation : Antoine Rebeyrol, Fabrice Tricou, Christian Lazzeri, Emmanuel Renault.

ANR Phicentrav / Sophiapol / EconomiX

 

Programme

 

– Jeudi 19 janvier –

10 h : Accueil des participants

10 h 15 : Introduction du colloque

Matin : Perspectives anthropologiques et philosophiques de l’exploitation

10 h 30 : Christophe Darmangeat : « Paiements, esclavage et exploitation : éléments d’un triptyque »

11 h 30 : Alice Sindzingre : « Exploitation et infériorisation »

Après-midi : Réexamens contemporains de la conception marxienne

14 h : Emmanuel Renault : « L’exploitation comme domination »

15 h : Gérard Duménil : « Y a-t-il chez Marx une théorie générale de l’exploitation ? »

16 h-16 h 15 : Pause

16 h 15 : Jean Cartelier : « Exploitation et relation salariale ».

 

– Vendredi 20 janvier –

Matin : Histoire des théories économiques de l’exploitation

9 h 30 : Laurent Cordonnier et Franck Van de Velde : « L’exploitation dans une perspective post-keynésienne »

10 h 30 : Antoine Rebeyrol et Carlo Benetti : « Une conception économique de l’exploitation : Marx et Torrens »

11 h 30 – 11 h 45 : Pause

11 h 45 : Vincent Bourdeau : « L’exploitation chez les saint-simoniens »

Après-midi : Exploitation et théories de la justice

14 h 15 : Christian Lazzeri : « Exploitation et théories de la justice : entre libéralisme et marxisme »

15 h 15 : Olivier Favereau : « Valeur, exploitation et économie des conventions »

16 h 15 : Fabrice Tricou : « Les sens de l’exploitation comme injustice »

17 h 15 – 17 h 30 : Pause

17 h 30 : Table ronde finale autour de « The facets of exploitation » de Marc Fleurbaey, avec Marc Fleurbaey, Claire Pignol, Elisabeth Tovar et Stéphane Haber

18 h 45 : Clôture du colloque

Journée d’étude « Le travail comme objet interdisciplinaire », 20 octobre 2016, Nanterre

 

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Le travail est l’un des objets les plus classiques des sciences sociales, mais aussi l’un des objets qui met le plus directement en question la manière dont les sciences sociales se conçoivent comme dotées d’un objet spécifique et de méthodes propres qui les distinguent des sciences de la nature. En effet, il n’est pas possible de penser le travail autrement que comme la mise en action d’un corps biologique et d’une dépense physiologique, eux-mêmes thématisés par une mécanique du travail (le concept physique de « travail ») et par une physiologie du travail[1]. Le travail contribue également à brouiller les frontières disciplinaires qui séparent les différentes sciences sociales dans la mesure où certains des objets les plus traditionnels des sciences du travail, comme la division du travail, appellent la mobilisation conjointe de différentes perspectives, économiques, ergonomiques, sociologiques et psychologiques, comme le soulignaient chacun à leur manière K. Marx lorsqu’il distinguait division technique et sociale du travail[2], et E. C. Hughes lorsqu’il affirmait que « la division du travail dans la société n’est pas purement technique, comme on le croit souvent. Elle est aussi psychologique et morale »[3].

Comment mobiliser conjointement différentes perspectives disciplinaires dans l’étude du travail ? Quels sont les bénéfices escomptés et les risques encourus ? Quelles sont les objections de principe et les justifications des études interdisciplinaires, transdisciplinaires ou pluridisciplinaires ?

Parmi les objets de discussions actuelles dans les disciplines et sous-disciplines qui se rapportent au travail, deux tout particulièrement semblent appeler de tels franchissement de frontières : la centralité du travail et la santé au travail. La question de la centralité du travail[4] se pose dans une multitude de débats spécifiques internes à l’économie, à l’anthropologie, à la psychologie sociale, à la sociologie du travail, aux sciences de la gestion, à l’ergonomie, etc. Les connaissances produites par ces différentes disciplines et sous-disciplines fournissent divers arguments pour  ou contre, mais selon des définitions du travail parfois incompatibles et dans le cadre de problématiques hétérogènes, de sorte qu’il est difficile d’aboutir à une conception globale et cohérente de la centralité du travail et à une vue d’ensemble des justifications et des objections. Les synthèses proposées[5] posent le problème épistémologique général des entreprises interdisciplinaires, un problème qui semble d’autant plus se poser que l’appartenance de certaines des disciplines ou sous-disciplines portant sur le travail au domaine même des sciences sociales est problématique.

La question des interactions entre santé et travail[6] fait surgir le même type de difficulté. Les approches propres à la santé publique, à la psychanalyse, à la psychologie du travail à l’économie et à la sociologie du travail, par exemple, mobilisent différentes définition de la santé et différents modèles d’analyse des rapports entre santé et travail. Par ailleurs, ces définitions et ces modèles ne recouvrent que partiellement la manière dont les problèmes sont abordés par la médecine du travail et le droit du travail. En fait, la question des incidences du travail sur la santé et de la santé au travail est posée dans un vocabulaire aussi diversifié que contesté : stress, souffrance au travail, risques psychosociaux, qualité de vie au travail. Ce vocabulaire est pris dans des controverses qui dépassent le seul domaine des sciences du travail, ce qui indique que les interactions entre santé et travail posent des problèmes à portée politique générale qui appellent des réponses synthétiques. Les disciplines et sous-disciplines portant sur le travail ne peuvent participer à la formulation de ces réponses sans certaines formes de franchissement des frontières disciplinaires, ou bien sous la forme de la polémique avec d’autres disciplines, ou bien sous la forme d’une combinaison des approches. On retrouve le problème épistémologique général des entreprises interdisciplinaires, et il semble d’autant plus se poser que la dimension plus directement politique des controverses fait entrer en débat avec des approches propres à la théorie politique ou à la philosophie politique.

[1] Sur cet enjeu épistémologique et cette problématique, voir F. Vatin, Le travail. Économie et physique 1730-1830, Puf, 1993 et Le travail, sciences et société, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1999.

[2] K. Marx, Le Capital, Puf, 1993, chap. 12, section 4.

[3] E. C. Hughes, « Le travail et le soi », Le Regard sociologique, op. cit., p. 89.

[4] Cette question est l’objet de l’Anr PhiCenTrav : http://anrphicentrav.com/?cat=3

[5] Comme par exemple celle de R. E. Lane, The Market Experience, Cambridge University Press, 1991.

[6] Cette question est l’objet du réseau Gestes : http://gestes.net/

Date :
Jeudi 20 octobre 2016, de 9h30 à 17h

Lieu :
Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Bâtiment B, salle des conférences

Comment venir ? en voiture, par le train ou le RER.
Plan du campus de l’Université Paris Ouest (site de Nanterre)

Organisation :
Emmanuel Renault
Avec le soutien de l’ANR « PhilCenTrav, du Dim Gestes et de l’équipe Sophiapol, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Contact : e.renault@u-paris10.fr

 

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Colloque international « Démocratiser le travail », 22-23 septembre 2016, Paris Ouest

FLYER Démocratiser le travail 22-23 sept 2016

La remise en cause de la division entre gouvernant et gouvernés dans les institutions du travail était centrale à l’époque de la naissance du mouvement ouvrier au XIXe, et le XXe siècle a expérimenté différentes formes de démocratie d’entreprise (aussi diverses que celles qui relèvent de projets d’autogestion ou des lois relatives à la négociation et à l’expression des salariés concernant leur conditions de travail). Sous ces différentes formes, la question de la démocratisation du travail constituait l’une des pièces essentielle de la critique du travail et des projets de transformation sociale. À la fin du siècle précédent, la question de l’emploi comme facteur d’intégration sociale a éclipsé celle du travail et la critique du travail n’a plus semblé être envisageable autrement qu’au prisme de la justice sociale. Mais il semble qu’aujourd’hui, la réflexion sur la démocratisation du travail soit en train de renaître de ces cendres, et cela selon différentes perspectives et en poursuivant différents objectifs.

Dans une perspective résolument interdisciplinaire, ce colloque souhaite réunir des spécialistes issus de la philosophie, de l’économie, de la sociologie, de l’histoire et des sciences de la gestion afin de confronter les différentes manières de penser la critique et la transformation du travail en termes de démocratisation, et cela en confrontant des modèles ou des expériences passées à des théorisation et des expérimentations actuelles. La première demi journée « Démocratie ouvrière et démocratie industrielle » cherche à faire ressortir certains paradigmes issus de l’histoire du mouvement ouvrier. La deuxième, « L’autogestion hier et aujourd’hui », se concentre sur l’histoire des expériences d’autogestion et sur les expérimentations actuelles de « récupération » d’usines. La deuxième matinée, « Réinventer la coopération », se penche sur les expérimentations et les utopies du travail commun ou autonome. La dernière séance de travail, «Modèles de démocratisation aujourd’hui», chercherait à discuter le sens que peut prendre l’idée de démocratisation lorsqu’elle est appliquée à l’entreprise, et à confronter des propositions contemporaines de démocratisation.
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Date :
Jeudi 22 et vendredi 23 septembre 2016

Lieu :
Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Bâtiment W, « Maison Max Weber », Amphithéâtre

Organisation :
Luca Paltrinieri et  Emmanuel Renault
Avec le soutien de l’ANR « PhilCenTrav » et de l’équipe Sophiapol, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Contact :
l.paltrinieri@gmail.com

 

Programme

Jeudi 22 septembre

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9h30 : « Démocratie ouvrière et démocratie industrielle »

Ouverture : Luca Paltrinieri et Emmanuel Renault

Discutant –Président de séance : Edward Castleton (Université de Franche- Comté)

Franck Fischbach (CREPHAC, Université de Strasbourg), « Démocratie sociale et démocratie de conseils »
Vincent Bourdeau (Logiques de l’agir, Université de Franche-Comté), « Les aléas de la citoyenneté économique républicaine (1830-1870) : droit des associés ou droit des travailleurs ? Le cas de Léon Walras et Henri Cernuschi »
Alexis Cukier (Sophiapol, ANR PhilCenTrav), «Le paradigme de la démocratie industrielle. »
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14h00 : « L’autogestion hier et aujourd’hui »

Discutante – Présidente de séance : Catherine Samary (Association Autogestion)

Frank Georgi (CHS, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Le mot et la chose : autogestion et démocratisation du travail dans la France des années 1960 et 1970 »
Sinuê Neckel Miguel (Universidade Estadual de Campinas), « Le labyrinthe de l’autogestion: la dynamique de l’expérience yougoslave ».
Maxime Quijoux (Printemps, CNRS/UVSQ) : « Quelle démocratie possible après les restructurations? Exemple de la CGT d’une imprimerie francilienne »
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Vendredi 23 septembre

9h30 : « Réinventer la coopération »

Discutant – Président de séance : Stéphane Haber (Université Paris Ouest)

Muriel Prévot-Carpentier (Sophiapol, Université Paris Ouest) : « Pratiques coopératives et démocratisation : l’idéal au prisme du travail »
Isabelle Berrebi-Hoffmann (Lise-CNRS-Cnam, Université de Harvard), Michel Lallement (Lise-CNRS-Cnam) : « Etre seuls ensemble : culture de l’horizontalité et nouvelles formes de coopération au travail »
Antonella Corsani (ISST, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) « Entreprendre pour coopérer »

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14h00 : « Modèles de démocratisation aujourd’hui »

Discutant – Président de séance : Luca Paltrinieri (Université Rennes 1)

Sandrine Blanc (INSEEC Business School), Le libéralisme égalitaire peut-il penser la démocratisation de l’entreprise ? »
Emmanuel Renault (Sophiapol, Université de Paris Ouest) et Jean-Philippe Deranty (Macquarie University) : « Etendre ou radicaliser la démocratie ? »
Olivier Favereau (Economix, Université Paris Ouest), « (Re)penser le travail pour (re)penser l’entreprise »
Isabelle Ferreras (FNRS, Université Louvain-la-Neuve, Harvard Law School), «Sortir l’entreprise de la contradiction capitalisme/démocratie: la voie du moment bicaméral »

 

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« Le philosophe et l’enquête de terrain : le cas du travail contemporain », 23-24 juin 2016, Nanterre et Paris

 

Le philosophie et l'enquête de terrain_Colloque

Il apparaît indispensable de produire des concepts pour nous aider à penser le travail dans le monde contemporain. Ce rôle, traditionnellement dévolu au philosophe, réinterroge pourtant le rapport de la philosophie aux données empiriques et plus largement la manière dont travaillent les sciences humaines.

Certes, le plus souvent on estime que le philosophe n’a pas pour but de produire des modèles ou d’élaborer des données qualitatives sur des cas : il produit une théorie sur la base de sa connaissance des concepts, l’histoire de sa discipline ainsi que des débats du passé et de son temps. Il se prévaut de la cohérence interne du discours qu’il produit pour justifier une relative distance à l’égard des données empiriques ou de terrain. En ce sens, il peut revendiquer un rapport « sauvage » à l’empirique, fondé sur ses intuitions ou ses expériences de l’objet « travail », dans l’indifférence totale d’une méthodologie telle que l’ont construite les sociologues, les ergonomes ou encore les chercheurs en gestion. Parfois il réinterprète les données de terrain pour construire une « théorie » par-dessus les épaules de l’ethnologue ou du sociologue. Or, cette posture dans le champ de recherches sur le travail est-elle encore tenable, notamment à partir des questions que les autres disciplines posent à la philosophie ? Des initiatives de recherche disséminées dans le paysage de la recherche française et européenne nous semblent se rejoindre dans la mise en cause de cette division du travail.

Dans un premier temps, on posera cette question : existe-il un rapport spécifique du philosophe à l’enquête de terrain ? Toute une tradition remontant à Marx avec son Enquête ouvrière, à Dewey et au pragmatisme ou encore aux « reportages d’idées » de Foucault le laisse penser. D’autre côté, le travail critique de la philosophie depuis la phénoménologie de Husserl jusqu’au néo-pragmatisme de Rorty n’a pas cessé d’interroger le « mythe de l’objectivité » que souvent l’on attache aux données recueilles « par le terrain ». Cette alternative, ou plutôt cette double posture, se représente à chaque fois que des « philosophes » vont sur le terrain et s’interrogent sur leur méthodologie. Cette professionnalité philosophique renouvelée sur les questions du travail nous semble ouvrir un champ de recherche à même de poser à nouveaux frais des questions aux problématiques élargies, mettant en lien ce que vivent les individus et les collectifs confrontés aux formes nouvelles du travail (précariat, bénévolat, temps partiel subi ou « choisi », etc.). C’est pourquoi il nous semble nécessaire d’explorer le rapport que des chercheurs en épistémologie, en philosophie politique et sociale, ou  encore en philosophie morale, établissent entre les données empiriques, qu’ils recueillent ou sur lesquelles ils se basent. En effet, à travers leurs terrains d’études et quelles que soient leurs méthodes, ils élaborent une théorisation critique du travail contemporain qu’ils s’obligent à mettre à l’épreuve. Ils développent ainsi une posture philosophique commune, d’où la complexité du travail vécu émerge de manière nette et dans son épaisseur, sans pour autant qu’ils acceptent toujours de resituer leurs données ou les restituer dans leur exhaustivité ou même de manière panoramique.

D’autre part, une approche nouvelle de la philosophie au terrain du travail ne peut pas faire l’économie d’un dialogue ouvert avec les disciplines qui réalisent des enquêtes de terrain (sociologie du travail, sciences de gestion, ethnographie du travail, économie). Car ce sont ces disciplines elles-mêmes qui viennent à s’interroger sur des questions épistémologiques, de philosophie politique, de philosophie morale et des problématiques d’éthique. Du point de vue du travail du terrain, la perspective  philosophique peut alors être à la fois une source d’inspiration et d’erreur, soutien méthodologique ou contre-modèle. Il semble alors important de tenter de faire dialoguer trois domaines disciplinaires (philosophie, sociologie, sciences de gestion) pour travailler ce rapport au réel, porteur d’enjeux pratiques et épistémologiques, mais aussi et surtout pour enrichir le débat scientifique et social sur le travail.

Ces deux journées d’études réunissant des chercheurs jusqu’alors relativement isolés dans leur pratique et par leur posture épistémologique, permettront d’ouvrir un nouveau lieu de débat fécond pour l’appréhension et la problématisation des formes multiples et de la complexité croissante du travail contemporain. L’objectif est de légitimer une posture philosophique qui tente de saisir les enjeux sociaux, politiques, culturels, de santé qui traversent le travail contemporain. Cela ne signifie ni que le philosophe adopte une position de surplomb en visant à traiter ces enjeux de manière exhaustive ni qu’il prétendre offrir une vision complète sur ses données ; mais plutôt qu’il utilise sa posture professionnelle pour élaborer des concepts sur le travail sans distance ou décalage avec les situations concrètes qu’il tente d’appréhender et de donner à comprendre. Nous espérons que ce nouveau mode de production de connaissances, dont des chercheurs sont porteurs de manière disparate, sans être unifiée, pourrait être mis en débat interdisciplinaire pour favoriser encore davantage la prise en considération des problématiques du travail contemporain.

Dates et lieux :
Jeudi 23 juin 2016 :
Université Paris Ouest Nanterre la Défense,
Bâtiment F, salle de conférences (F352)
200 avenue de la République
92001 Nanterre Cedex

Vendredi 24 juin 2016 :
CNRS Pouchet
Salle de conférences
56 rue Pouchet
75017 Paris

Organisation :
Action financée par la Région Ile-de-France dans le cadre du programme DIM GESTES, portée par le Sophiapol, Université Paris Ouest Nanterre La Défense et co-organisée avec le LabTop-CRESPPA, Université Paris 8 Vincennes Saint Denis et le CEPERC – UMR CNRS 7304, Aix Marseille Université. Cette journée est organisée dans le cadre des activités de l’ANR PhiCenTrav.

Organisateurs : 
Muriel Prévot-Carpentier (Sophiapol, Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
Luca Paltrinieri (LabTop, CRESPPA, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis).
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Programme

Jeudi 23 juin 2016
Université Paris Ouest

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9h00 : accueil
9h30 : Introduction : Luca Paltrinieri et Muriel Prévot-Carpentier

10h00 : De la théorie à l’enquête, de l’enquête à la théorie
Présidente de séance : Christine Noël-Lemaître

Yves Schwartz (CEPERC, Aix Marseille Université) : « Savoirs épistémiques, « savoirs valeurs » : la philosophie aux prises avec les « réserves d’alternative » »
Liliana Cunha (Université de Porto, Portugal) : « Entre recherche et intervention : traductions et rapatriements selon les territoires de la production de savoirs »
Marie-Anne Dujarier (Lise-CNAM) : « Point de vue épistémologique d’une sociologue de l’activité sur le travail »

13h00 : Déjeuner
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14h30 : Les philosophes et l’enquête : entre tradition et nécessité
Présidente de séance : Haud Guegen

Emmanuel Renault (Sophiapol, Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : « Terrain ou interdisciplinarité en philosophie sociale. Retour sur deux tentatives d’appliquer la philosophie sociale à un terrain »
Gaspard Brun (CEPERC, Aix Marseille Université) : « Le terrain : mythe, fantasme ou norme de l’expérience philosophique ? »
Flore Garcin-Marrou (Labo LAPS, Université de Toulouse – Jean Jaurès) : « Penser le théâtre : une approche pragmatique de la scène et du geste »
Eric Hamraoui (CRTD-CNAM) : « Philosophie d’enquête et philosophie concrète »

18h00 : conclusion de la première journée
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Vendredi 24 juin 2016
CNRS Pouchet

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9h30 : Entrecroisements et distinctions entre philosophie et sociologie du travail
Présidente de séance : Odile Henry

Nial Tekin (Sophiapol, Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : « Une étude qualitative croisant la sociologie du travail et la théorie critique »
Alexandra Bidet (CNRS – CMH) : « Valuation et individuation. De l’enquête de terrain en sociologie du travail au questionnement philosophique et retour »
Maëlezig Bigi (Irisso – Dauphine) : « Circulations de la reconnaissance entre philosophie et sociologie du travail »

12h30 : Déjeuner
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14h00 : Travail, gestion, capitalisme
Président de séance : Clemens Zobel

Pierre-Louis Choquet (Université de Oxford) : « Le travail des cadres dans l’industrie pétrolière, ou l’invisible façonnement d’un monde en commun »
Mariagrazia Crocco (ADEF, Aix Marseille Université) : « Des « fragments philosophiques » dans des chantiers du présent : étudier l’insertion entre dispositif(s) et production(s) »
Massimiliano Nicoli (Sophiapol, Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : « La fabrique des ressources humaines. Une enquête philosophique sur le Human Resource Management »
Hermann Kocyba (Frankfürt Universitat) : « Ériger une tour, instituer une monnaie, gouverner un territoire : travailler pour la BCE »

17h.30 : Remarques finales : Luca Paltrinieri & Muriel Prévot-Carpentier
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Programme au format pdf

Affiche A4

 

 

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Journée d’études « Néolibéralisme et subjectivité », Sophiapol/PhiCenTrav, Paris Ouest, 2 juin 2016

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Dans son analyse de la rationalité politique néolibérale, Michel Foucault notait l’émergence d’un certain type de subjectivité, celui d’un individu conçu comme « entrepreneur de lui-même ». Distincte de « l’homme de l’échange » caractéristique du libéralisme classique, cette conception de l’être humain, au fondement des propositions axiomatiques des penseurs néolibéraux, suggérait la présence en chaque individu de deux principaux traits comportementaux: une attitude concurrentielle, d’abord, liée à des rapports sociaux envisagés sous l’angle de la compétition généralisée; une posture accumulatrice, ensuite, faisant de toute action un moyen de maximiser le rendement de son « capital humain ».

Par-delà le rôle de cette conception économiciste de la subjectivité humaine dans le discours théorique néolibéral, on peut inférer de l’analyse foucaldienne qu’il en allait également d’une certaine « technologie politique des individus », le néolibéralisme induisant, comme régime, la prouction effective d’une certaine culture économique et sociale exhibant une semblable normativité. Depuis Max Weber, au moins, on sait que le capitalisme repose sur une certaine orientation éthique des « conduites de vie ». Quelles formes celles-ci prennent-elles au stade de l’économie politique néolibérale? La description foucaldienne de l’individu « entrepreneur de soi » permet-elle une compréhension sociologique adéquate des modes de subjectivation contemporains? Comment cet idéal-type se décline-t-il dans la variété des sphères de vie? Que permet-il de comprendre de la cul-ture contemporaine et de son apparent éclatement? Comment s’articule-t-il au fonctionnement effectif de l’économie et du politique? Qu’indique-t-il des formes nouvelles de socialisation, voire du rapport à soi en tant qu’être vivant?

Au croisement des représentations savantes et des pratiques sociales, là où s’effectue le branchement circulaire entre « dispositifs » de savoir et de pouvoir et « dispositions » subjectives, cette journée d’étude visera à examiner comment les axiomes de la gouvernementalité néolibérale pénètrent le tissu culturel des sociétés contemporaines pour y former la matrice d’un type anthropologique inédit.

Cette journée est organisée par le laboratoire Sophiapol, dans le cadre des activités de l’ANR PhiCenTrav.

Date :
Jeudi 2 juin 2016 de 9h30 à 17h00

Lieu :
Université Paris Ouest Nanterre La Défense,
Bâtiment W (salle au rez-de-chaussée)
Comment venir ? par le train et le RER
Plan du campus de Paris Ouest Nanterre La Défense

Organisation :
Jean-François Bissonnette (Université Paris Ouest, Sophiapol) ; Alexis Cukier (Université Paris Ouest, Sophiapol) ; Stéphane Haber (Université Paris Ouest, Sophiapol) ; Christian Laval (Université Paris Ouest, Sophiapol)
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Programme

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9h30-11h00 : « Subjectivité, imaginaires et pratiques économiques »

Table-ronde présidée par Christian Laval
Intervenants : Luca Paltrinieri (Université de Paris 8, LabTop) ; Stéphane Haber ; Isabelle Bruno (Université de Lille 2, CERAPS)

11h00-12h30: « Subjectivité, travail et entreprise »

Table-ronde présidée par Jean-François Bissonnette
Intervenants : Marie-Anne Dujarier (Université Paris 3, LISE) ; Massimiliano Nicoli (Université Paris Ouest, Sophiapol) ; Alexis Cukier

14h00-15.30: « Le domaine psy »

Table-ronde présidée par Alexis Cukier
Intervenants : Mathieu Bellahsen ; Duarte Rolo (Université Paris 5, PCPP) ; Bertrand Ogilvie (Université de Paris 8, LLCP) ; Pierre Dardot

15h30-17h00 : « L’éducation et la production du sujet néolibéral »

Table-ronde présidée par Stéphane Haber
Intervenants : Jean-François Bissonnette ; Pierre Clément ; Christian Laval

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Colloque « Philosophies du travail. Le travail selon la philosophie moderne », 5 et 6 novembre 2015, Université de Strasbourg

Philosophies du travail - Phicentrav

Philosophies du travail 2 - Phicentrav

 

Colloque « Philosophies du travail. Le travail selon la philosophie moderne »

organisé par Franck Fischbach dans le cadre des activités du Crephac 

et de la Faculté de philosophie de l’Université de Strasbourg,

5-6 novembre 2015, Palais Universitaire/Grand Patio – Université de Strasbourg

S’agissant du travail, ce colloque prend les choses par l’aval, c’est-à-dire en partant des philosophes de l’époque moderne et contemporaines : il sera complété ultérieurement d’un autre colloque dont les travaux remonter vers les périodes antique et médiévale.

Le titre du colloque – Philosophies du travail – est à entendre comme une question: dans quelle mesure certains parmi les plus importants penseurs des xixe et xxe siècles peuvent-ils être lus et interprétés comme ayant été des philosophes du travail ? De quelles manières la lecture que l’on fait de leurs œuvres et les interprétations qu’on en donne sont-elles modifiées, transformées dès lors qu’on fait l’hypothèse que le travail a été non pas un objet accessoire mais un enjeu central de leurs pensées ? Mais aussi pourquoi, pour quelles raisons et dans quels buts (théoriques et pratiques) ces penseurs ont-ils considéré le travail non pas seulement comme un enjeu majeur de leur époque, mais aussi comme un thème, un objet, un champ et un domaine sur lesquels la philosophie avait des choses à dire et qu’elle pouvait s’approprier en tant que philosophie? La période historique considérée ayant aussi été celle de la naissance des sciences sociales ou des sciences du social, comment se fait-il que la philosophie ait persévéré à thématiser le travail, alors que ces sciences nouvelles (la sociologie certes, mais aussi l’économie) semblaient plus à même qu’elle de le théoriser et paraissaient devoir prendre le relai de la philosophie sur ce terrain ? Au prix de quelles transformations d’elle-même la philosophie a-t-elle persévéré à penser le travail: dans quelle mesure en particulier le fait, pour une philosophie, de considérer le travail comme un enjeu central fait-il d’elle une «philosophie sociale» ? Cela suffit-il, ou bien faut-il que s’ajoute la double dimension d’une critique du travail tel qu’il est et de la visée d’une libération du travail ? Mais comment entendre cette libération ? Telles sont les principales questions à l’examen desquelles se consacreront les intervenants de ce colloque.

PROGRAMME

 

Jeudi 5 novembre

Palais Universitaire – Salle Pasteur

Après-midi

Président de séance :

Jacob Rogozinski (Professeur de philosophie, Crephac, Université de Strasbourg)

14h : Accueil et ouverture

Jacob Rogozinski (Professeur de philosophie, directeur du Crephac, Université de Strasbourg)

14h15 : Marx et le travail

Jean Quétier (Doctorant en philosophie, Crephac, Université de Strasbourg)

15h15 : Heidegger, du travail à la technique

Franck Fischbach (Professeur de philosophie, Crephac, Université de Strasbourg)

16h15 : Pause

16h30 : Le travail dans le pragmatisme de Dewey

Emmanuel Renault (Professeur de philosophie, Sophiapol, Université de Paris Ouest Nanterre)

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Vendredi 6 novembre

Nouveau Patio – Salle 001

Matinée

Président de séance :

Gérard Bensussan (Professeur de philosophie, Crephac, Université de Strasbourg)

08h30 : Le travail chez Simone Weil

Michaël Labbé (Ater en philosophie, Crephac, Université de Strasbourg)

09h30 : Hannah Arendt et le travail

Katia Genel (Maîtrie de conférence en philosophie, CHSPM, Université Paris 1)

10h30 : Pause

10h45 : Le travail dans la théorie critique, de Horkheimer et Adorno à Honneth

Julia Christ (Institut für Sozialforschung, Goethe Universität, Frankfurt am Main)

11h45 : Travail, praxis, autonomie chez Castoriadis

Arnaud Tomès (Professeur de philosophie en classes préparatoires, Lycée Kléber, Strasbourg, Crephac, Université de Strasbourg)

 

Après-midi

Président de séance :

Franck Fischbach (Professeur de philosophie, Crephac, Université de Strasbourg)

14h30 : Le travail, de Sartre à Gorz

Hadi Rizk (Professeur de philosophie en classes préparatoires, Lycée Henri IV, Paris)

15h30 : Hegel, le travail et le marché

Hans-Christoph Schmidt am Busch (Professeur, Technische Universität, Braunschweig)

16h30 : Pause

16h45 : Nietzsche, penseur du travail ?

Frédéric Porcher (Doctorant en philosophie, Crephac, Unievrsité de Strasbourg)

17h45 : Clôture du colloque

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